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reconnaissance

     Le besoin de reconnaissance est l’un des besoins fondamentaux répertorié par Abraham Maslow parmi les besoins d’estime.

     Le besoin de reconnaissance, c’est une partie de l’égo, celle qui a besoin de se sentir exister aux yeux des autres, d’être remercié pour son implication, son investissement, qui a besoin de recevoir autant qu’elle donne.

     L’égo ne se résume pas à ce besoin. Il sert à nous construire, à nous affirmer, à faire nos propres choix. C’est aussi la source de nos peurs, de nos projections, de nos frustrations. L’exploration de soi permet de s’en faire un allié en l’observant comme un spectateur et en transcendant nos erreurs et nos échecs.

     Le besoin de Re Co-naissance prend naissance dès le berceau : être reconnu comme un être aimable et dont les besoins dépendent de l’autre pour être comblés, pour vivre.

Enfant, nous recherchons avant tout à exister auprès de nos parents (ou des adultes qui nous élèvent). Nous recherchons leur approbation, leur amour, pour correspondre à leurs désirs et projections, et solliciter leur intérêt.

     A moins d’avoir été éduqué de façon à développer notre confiance dans le respect de notre individualité, nous apprenons à porter les masques adéquates, à répondre aux injonctions ou à pallier les absences.

Adolescent, nous testons les limites de ce cadre trop étroit et étouffant ou à l’inverse absent, plongeant alors dans un labyrinthe identitaire sans fil d’Ariane et nous perdant parfois dans l’isolement.

     Toujours dans l’espoir d’être aimés, nous portons différents masques selon la situation, les personnalités ou les groupes que nous admirons, ceux qui font figurent de force, d’admiration ou de crainte. La reconnaissance, c’est aussi le sentiment d’être cru, d’être compris dans nos émotions, dans notre souffrance, d’être soutenu dans nos rêves, d’être respecté comme un être sensible possédant sa propre histoire.

 

     Cette recherche de reconnaissance perdure à l’âge adulte. Ayant souvent trop peu confiance en nous, et même si nous ne le reconnaissons pas toujours, nous attendons la validation de nos pairs. Nous nous calquons à l’identité la plus acceptable, la plus performante, la plus soumise, la plus « adaptée » à la société. A l’inverse, par sentiment d’incompréhension, frustration et rejet de ce schéma, nous pouvons développer un masque d’agressivité, une posture dominante, crainte mais reconnue socialement, entraînant notre propre rejet identitaire et souvent vécu comme une injustice.

 Comment peut-on avoir confiance aux autres quand on ne se fait pas confiance soi-même ?

     Avant d’être reconnu pleinement dans notre individualité au sein du collectif, nous devons d’abord nous connaître. Qui sommes-nous sans le regard des personnes dont on attend l’Amour, la gratitude, la valorisation, ces égards que l’on a parfois du mal à se donner soi-même.

     Risque-on de perdre l’amour de nos proches ou l’aval de nos pairs si nous affirmons nos valeurs, nos choix et que nous prenons des décisions qu’ils ne comprennent pas ? Si nous posons nos limites, dans le respect de l’autre, pouvons-nous prévoir sa réaction ? Risque-t-il de nous rejeter ?

    Se connaître, c’est explorer nos failles, nos blessures et révéler notre résilience, notre plein potentiel. C’est suivre le chemin de son cœur sans être conditionné par les attentes qui ne sont pas les nôtres, c’est prendre le risque de briser des liens, et d’en renouer d’autres.

     Se connaître c’est apprendre à s’aimer en étant aligné, pas dans l’aspect superficiel, mais dans les profondeurs de notre âme. Reconnaître notre individualité c’est contribuer au collectif de façon authentique et engagée, avec nos différences. Les autres reconnaîtrons alors notre vraie valeur, tout comme nous, confiants, reconnaîtrons la leur.

                                                                                                                                                Hélène GUEGAN

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